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Communiqué de presse de SUD Education / Lausanne, le 3 février 2026
Réforme de l’École de commerce : premier recul de l’employeur, la mobilisation change la donne
Le 7 mai 2025, le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle (DEF), annonçait de manière unilatérale la sortie de la filière École de commerce des gymnases vaudois. Cette formation, organisant le CFC et la maturité professionnelle commerciale, serait dispensée dès la rentrée 2026 par plusieurs écoles professionnelles. À ce jour, le DEF en a désigné quatre : Aigle, Lausanne, Nyon, Yverdon.
Tout de suite et avec constance, SUD Education a dénoncé la brutalité de l’annonce et les nombreuses interrogations que soulevait la décision du DEF. Les situations d’improvisation, d’impréparation et de manque de moyens avaient déjà caractérisé le passage à une formation dégradée sous la prééminence des compétences opérationnelles au détriment des savoirs disciplinaires généraux, scientifiques et techniques. Le 5 décembre 2025, le DEF rendait publique une nouvelle grille horaire qui confirmait l’abandon programmé et imposé de ce qui a fait pendant dix ans la spécificité de la formation en École de commerce sur sol vaudois, appauvrissant ainsi cet enseignement et dégradant la culture professionnelle et générale.
Au début de ce mois de février, le DEF a communiqué aux enseignant·es du gymnase de Beaulieu une série de nouvelles qui modifient en profondeur son projet initial pour cet établissement. Ce dernier devait être purement et simplement démantelé par la perte d’un de ses deux bâtiments, soit un tiers de ses classes et de ses postes de travail. Ici intervient un changement dont on se demande s’il répond à un éclair de lucidité ou à un recul pur et simple face à la mobilisation générale des enseignant·es, notamment au gymnase de Beaulieu.
Au-delà du soulagement significatif lié à la conservation du bâtiment menacé de Fréminet, de ses 20 classes et de ses emplois, il demeure la question du devenir de la formation délivrée par l’École de commerce, désormais dégradée et transférée.
Le cas « gymnase de Beaulieu » illustre parfaitement la politique du DEF : systématiquement fermer la porte à des négociation en amont avec les syndicats sur les problèmes qui touchent directement les enseignant·es, et plus généralement les travailleurs·euses de l’État de Vaud, provoquant ces rétropédalages lourds de conséquences pour les employé·es, en première ligne et souvent pour les usagers·ères.
Nous espérons que les autorités et la direction générale qui mènent l’affaire commencent à réaliser les conséquences désastreuses de leurs décisions - pur projet politique et idéologique - et qu’elles garantissent aux apprenti·es et aux enseignant·es concernés un plan de formation qui conserve les acquis vaudois dans leur excellence reconnue, ainsi que des conditions de travail adéquates pour toutes et tous. Pour les maître·sses, cela suppose la conservation du statut, de l’horaire et de la classification, notamment le maintien du pensum de 22 périodes hebdomadaires.
Si vous avez manqué le début : https://sud-vd.ch/ecole-de-commerce-sud-education-demande-des-negociations/
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